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Je suis l'ombre...

... de moi-même. Derrière ce corps, une petite ombre terne; qui au gré des jours et des nuits change de forme sans jamais pouvoir se fixer. Qu'est-ce que j'attend de la vie? Honnêtement je ne sais pas, je me laisse dériver aux aléas du quotidien et je verrai bien où cela me mènera. C'est un peu cette insouciance qui a dû disparaître en moi pour me faire réaliser que je n'ai rien fait de ma vie... car après tout, il ne faut rien en attendre, c'est à moi de décider ce que je veux en faire. Pourtant sachant, ceci, j'erre dans les méandres de la pensée, un dédale qui n'a pas une sortie unique mais trop angoissé de choisir une mauvaise sortie, je reste à me perdre dans ce dédale.

Demi tour, troisième à gauche puis à droite, marche arrière... c'est sans issue! Si un fil d'Ariane pouvait guider ne serait-ce que temporairement mes pas, peut-être me déciderais-je à sortir au grand jour et faire de cette ombre que je suis un souvenir, effacé par quelques rayons de soleil réconfortant.

C'est étrange cette sensation de perte de repères alors que je suis revenu d'où je suis parti... à croire que j'ai tourné en rond pour revenir sur mes pas. Est-ce que l'Ailleurs où j'avais un semblant de confiance en moi est resté là-bas? Est-ce parce que je n'avais aucune appartenance là-bas que je me suis permis des libertés? Si tel est le cas, je dois alors repartir dans ce pays qui ne dort pas, où les néons font apparaître sur chaque individu une multitude d'ombres différentes.

En partant du Japon, j'ai laissé ces mots à mes collègues: "Il ne faut pas chercher la lumière pour soi, car en chacun de nous, il existe une lumière. Montrez le chemin de cette lumière aux autres!" Et bien je crois que j'ai dû perdre le chemin vers ma lumière car l'ombre projetée ne m'appartient pas... du moins elle ne me ressemble pas.

Mais alors, si je ne suis pas cette ombre et qu'elle n'est pas mienne... qui suis-je? suis-je l'autre? Tout ce que je sais, c'est que je ne suis pas celui que je semble paraître et pourtant je voudrais tellement être. Pour reprendre le titre d'un film, "Ecrire pour exister", peut importe qui me lit, je souhaite juste laisser une trace qui disparaîtra... ou pas.
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