BlogAbout usBacktalk

Do you want a cup of coffee ?

Je ne bois jamais de café. Ou plutôt, je n’en prends que très rarement et seulement quand j’ai froid ; car c’est un peu rassurant le café non ? Avec du sucre et beaucoup de lait chaud, c’est doux et ça me fait croire, l’espace d’un instant, que j’ai grandi.

Les choses ont beaucoup changé depuis mon dernier article Believe Enough. Trop vite même. Et moi qui ne voyais rien bouger, je refuse à présent de suivre le rythme… C’est d’ailleurs lorsque je discute avec mes anciens camarades de classe que je réalise à quel point je me suis laissée écraser par la routine. En effet, chacun de leur côté avancent pour se créer une place dans la vie alors que moi, je ne fais qu’attendre et laisser filer le temps ; me maintenant tout juste dans la conformité des choses pour ne pas avoir à être déroutée…

Mais à présent, je me rends compte que l’époque où l’on me tenait gentiment la main est révolue et savoir que demain ne sera qu’une image d’aujourd’hui ne me suffit plus. Puisqu’il n’est jamais trop tard, changeons nos habitudes : cette année, je me mets au café.

Comments (4)  Permalink

Mémoire d'un naufragé

www.esnips.com/doc/8de4b956-505d-4787-bb81-2748144e0798/Dark-Blue-jacks
 
 
Je suis las. Voilà à présent 6 jours que j’ai pris le large et pourtant, tout semble identique au lendemain de notre départ. Comme si le temps qui s’était écoulé avait fui l’équipage de ce navire. A croire que nous avons été pris dans une malédiction !
 
Ils s’agitent. Tout autour de moi mes hommes s’activent afin de maintenir le vaisseau en vie mais ils espèrent en vain car moi je ne crois plus. Je sais qu’il est désormais trop tard. Ce bateau est mort et ma personne avec.
 
J’ai été laissé pour compte. Isolé dans ces eaux, la terre que j’ai quittée me paraît maintenant inaccessible. La voix même de mes compagnons de bord me semble lointaine tellement l’écho qui résonne à mes oreilles est faible. A part que ce soit moi qui n’écoute pas et qui ne veuille rien entendre… Pourtant, j’essaie. Mais j’ai l’impression que tout tourne autour de moi et d’avoir été éjecté d’un système que j’ai moi-même créé. Les jours se succèdent les uns les autres mais rien ne semble vouloir bouger. Pas même ce navire qui stagne et refuse d’avancer. Je me sens comme paralysé.
 
***
 
J’étouffe. Ma fin est proche. Le remous incessant des vagues contre ma peau m’immerge un peu plus chaque seconde dans cette étendue bleue. Où suis-je ? Perdu au milieu de l’océan, n’avançant pas, mais ne reculant pas pour autant, je campe sur un lieu que je veux pourtant fuir. Le bleu hypnotique de l’aube s’est transformé en ombre pénétrante maintenant que les flots me cernent.
 
Une dernière vague puis je plonge définitivement sous les eaux ; noyant par la même occasion les hurlements de mon équipage qui tente désespérément de survire au naufrage. Je souris intérieurement comme pour saluer une dernière fois leur courage puis me laisse emporter au fond. Mes forces me quittent.
 
L’eau glacée coule sur ma peau mais ne semble jamais pouvoir me retenir. Je tâte les parois fluides qui m’enveloppent mais aucune attache n’y est laissée. D’ailleurs je ne veux pas m‘y raccrocher… Je veux abandonner mon passé et me laisser sombrer dans les profondeurs ; briser le lien qui me lie à la monotonie quotidienne par la distance.
 
***
 
Il m’appelle. Mon destin m’appelle... Je nage dans sa direction ; l’espoir de le rencontrer au détour d’une brassée d’eau emplit ma poitrine. A mesure que je m’éloigne de la surface, je sens la pression et l’obscurité s’épaissir mais paradoxalement, rien n’arrive à contenir la jubilation qui s’échappe lentement de mon corps. Des frissons d’excitation me parcourent l’échine et s’évanouissent aux extrémités de mes membres qui ne font plus qu’un avec l’eau… Mer bleue, m’absorberas-tu ?
 
Mon désir est tel que je sens les flots m’emmener vers lui. Je clos les paupières une ultime fois afin de mieux savourer le voyage. C’est alors qu’il m’apparaît ; semblable à une fleur qui voit le jour... Cette vision m’émeut et, tandis que je continue de m’enfoncer dans les profondeurs souterraines, m’enivre un peu plus du pouvoir dont je jouis. Je sais qu’il peut – que je peux – enfin m’épanouir. Car j’ai trouvé ma voie, celle empruntée par mon navire.
Comments (0)  Permalink

Believe Enough

   Récemment, je me suis aperçue que je pensais régulièrement de telle sorte à ne jamais avoir à fournir d’effort (ou presque). Bien que je sache pertinemment que cela ne m’avancera à rien, je continue d’adopter ce point de vue qui me semble pour le moins véritable. Pour reprendre les mots de Asada dans I’ll, je dirais que « je passe mon temps à me résigner aux aléas de la vie. » Car après tout, à quoi ça sert ? N’allons nous pas tous vers la même direction quoi que nous fassions ?
Voir la finalité des choses sans même en savourer l’existence, voilà ce que je fais.
   Je gâche mon dimanche en pensant toute la journée à mes devoirs que je fais finalement le soir. Je perds mon temps en disant que j’en aurais demain. Je dissipe mes joies en sachant qu’elles s’arrêteront. Je romps mes relations en imaginant leur fin. Je brise mes espérances en faisant face à la réalité. Je néglige ma mémoire en connaissant ses limites. J’efface mes expressions en contrôlant mes sentiments. Je gâche ma vie en estimant que je peux mourir demain.
 
   Vous croyez qu’on puisse s’auto persuader ? Se convaincre soi-même d’une chose tout en sachant son contraire mais juste par la force de notre volonté ? Si c’est le cas, ce serait se voiler la face non…? Vous pensez qu’on puisse changer réellement ? Car nous sommes différents chaque jour et pourtant, qui a l’impression d’avancer ?
Comments (2)  Permalink

This ain't dying, this is living !

            Un dernier souffle puis… Tout se tait. Rien qu’un murmure. Je déambule dans les airs. Ai-je vécu ? Le ciel s’obscurcit. Bientôt la nuit. Quelle heure est-il ? L’air est glacé. Je survole la ville. Où suis-je ? Suis-je morte ? Mais d’abord, ai-je réellement vécu ? Je ne sais pas, je ne sais plus… Des souvenirs, il me faut des souvenirs. Par bribes, par fragment. Tout, quelque chose. Rien. L’Homme n’est que paradoxes.
            J’ai subi ma vie. J’ai vécu longtemps mais j’ai subi ma vie. Je suis morte sans vivre… Le bonheur. J’ai désiré le bonheur. Foutaises ! Tu t’enlises ! N’ai-je donc jamais vécu ? Ta gueule. (…) Mais tout le monde désire le bonheur. Est-ce un mal ? Bande de chiens ! Allez tous crever sans vivre ! (…) T’es qui ? Toi. Moi ? Moi. (?) Je suis toi et tu es moi. (?) (…). Je ne suis pas vulgaire. Je ne suis pas morte sans vivre. (…) Donc je suis morte ? (…) Tu n’as pas vécu. (?) Douleur, peine, vengeance, ça c’est vivre. (?) Ambition, colère, culpabilité, haine, peur, trahison, tristesse. Vivre ne s’arrête pas au bonheur. Un Homme heureux est un homme mort. Le but n’est pas d’apprécier. L’objectif est dans la recherche même des sensations. (…) La vie est une conquête... (…)
            Je m’ennuie. J’ai envie de rien. Je m’en fous. Ca aussi c’est vivre lorsqu’on ne ressent plus rien ? L’ennui, c’est la mort durant la vie. (…) Donc je suis vivante ? (…) On dit que certaines personnes voient leur vie défiler lorsqu’ils meurent et (re)découvrent des souvenirs enfouis. Ils revivent alors avec intensité leur dernier moment. Je suis à la fois morte mais vivante ?! T’es un Homme ? (…) Va chier… Je suis trop aimable. (…)
            Un mouvement brusque puis c’est la chute. Je ferme les yeux. La tiédeur de mon lit m’envahit. Ai-je rêvé ? L’aurore sera bientôt là. Tu as disparu. Ton absence laisse place à l’amertume. J’inspire un grand coup. Je vis.
Comments (0)  Permalink

Et une de plus, une !

                       

            Je n’aime pas écrire ; ou plutôt je n’aime pas être lue. On peut même dire que je déteste ça mais bon, je ne pourrais pas y échapper alors autant s’habituer dès maintenant…
            J’ai lu un jour sur un blog quelqu’un qui disait : « Ne pensez pas mieux me connaître ou ne pensez pas savoir qui je suis après m'avoir lu. ». (C’était un blog concernant un groupe de musique). Sans prétention de ma part, je pense cependant que cette personne a tord. Bien sûr, on ne devine pas l’identité d’un inconnu à travers quelques lignes mais lorsqu’on écrit, on laisse forcément une part de soi ; que ce soit notre humeur, notre opinion ou notre façon de penser, à travers le choix de nos mots et ça s’appelle le style d’écriture. On a beau tenter de le changer, écrire une fiction, choisir un thème en désaccord total avec tout ce qui nous est familier, adopter un point de vue différent, le fait est qu’on aura toujours pris le soin de chercher les mots qui nous correspondent le mieux.
            Peut-être suis-je trop timide pour assumer mes paroles, mais savoir qu’une personne est derrière moi à me lire m’embête. Plus que la lecture de ce que j’écris, j’ai l’impression qu’elle lit en moi à travers mon style d’écriture. Beaucoup plus que ce que je voudrais laisser paraître… Pourtant, je ne fais que reproduire ce que des milliards de personnes ont fait et feront après moi : j’écris. Quelle généralité aujourd’hui… Alors qu’il y a quelques siècles encore, la plupart des gens ne savaient même pas lire… Je vis à l’aube d’une médiatisation toujours plus forte, où les blog, forums de discussion, tchat, et autres sites fleurissent ; venant ainsi nourrir une toile de plus en plus dense, et quoi, j’ai peur d’être lue ? Je me sens bien faible et égocentrique tout à coup… Je devrais au contraire profiter de mon temps et des moyens de communication qui s’offrent à moi pour faire partager le maximum de chose. Mais comme l’a dit Blash dans son article Where are you ? « il devient tellement facile de contacter quelqu'un à l'autre bout de la planète qu'on ne le fait pas ou presque. » De même, partager sa vie et exprimer ses positions sont devenus monnaie si courante via internet que je m’abstiens d’enrichir un système qui pullule déjà d’innombrables et d’insignifiantes opinions. Tous ces sites (pour n’en citer qu’un, skyblog) obscurcissent et ternissent l’image du blog intelligent.
            Mais que dis-je ? Ne suis-je pas également là en train de rajouter mon opinion parmi tant d’autre ? Qu’à cela ne tienne, on n’en est plus à une près !
Comments (2)  Permalink

Je marche dans la nuit dans un chemin mauvais... (Alphonse de Lamartine)

J’ai froid… J’ai faim… J’ai peur. Autant de sentiments qui s’entremêlent à mon réveil. Je me lève. C’est la nuit. A la lueur de la lune, j’aperçois l’herbe qui est à mes pieds. Elle est noire. Un noir sombre et impénétrable. Je rigole. L’éclat de mon rire résonne autour de moi. Etrange… Je relève la tête et situe mon regard dans la forêt qui m’environne. Des arbres ; je suis entourée d’arbres. […]

Une douleur me lacère le crâne. Je me tâte pour trouver une quelconque blessure. Rien. Mes jambes paraissent faibles ; je tremble. Elles finissent par fléchir. Je m’effondre au sol. De la pluie tombe. Les gouttes d’eau me rafraîchissent le visage. J’ouvre la bouche pour en avaler quelques unes. C’est bon. Du sang coule de mon menton. […] Je reste ainsi un certain temps ; assise au milieu de nul part. Le vent se met à souffler. Je sens d’abord une caresse sur mes joues puis, au fur et à mesure que je tourne la tête pour éviter qu’il ne vienne m’enlacer de face, la brise comme froissée revient sur moi avec violence, soulevant mes cheveux immaculés de sang et les claquant sur mon visage. Tel un coup de fouet, un filet rouge marque ensuite mon visage. […] Ce saillant coup me donne de la force… Je me relève. Perdue au fin fond des bois, je brave la pluie qui a déjà longuement trempé mes vêtements. Ils se font lourds. Je regarde désespérément autour de moi. Je suis seule. C’est alors qu’inconsciemment, je me mets à marcher devant moi, ignorant d’où je viens, incertaine où je vais…
Comments (0)  Permalink
1-6/6